







Vendredi 7 mars au cinéma le Club à Gap, le Comité Départemental Olympique et Sportif des Hautes Alpes en partenariat avec la ligue SUD de tennis, a organisé un ciné-rencontre autour du film suedo-belge sorti dans les salles fin janvier « Julie se Tait ». C’est l’histoire de Julie, vedette d’une académie de Tennis, qui voit sa vie bouleversée lorsque son entraineur est suspendu de ses fonctions et fait l’objet d’une enquête à la suite du suicide d’une autre joueuse. Tous les joueurs du club sont encouragés à témoigner mais Julie décide de se taire.
Ce silence qui dirige le film nous entraine dans la sombre réalité des violences dans le sport et met en lumière l’emprise qu’un entraineur peut exercer sur ses joueuses et joueurs.
Nous ne pouvions pas laisser ce film se terminer sans un mot. Et quels mots ! Christine Badoux, ancienne référente éthique pour la fédération de tennis a choisi de renoncer à ce poste après des années de lutte mais la dureté des cas et le nombre croissant de signalement ne peuvent être supportés que pour un temps… Madame Badoux a également abordé la difficulté de sensibiliser les dirigeants de club et a souvent fait le lien avec des histoires tristement connues, comme celles de Sarah Abitbol ou d’Isabelle Demongeot. A enchainé, l’adjudante Mandy Tulle de la Maison de Protection des Familles d’Embrun, cellule départementale rattachée à la gendarmerie nationale, qui est intervenue pour détailler le traitement des signalements et les procédures d’accueil des victimes dans leur locaux spécialisés pour les mineurs. Les Signalements ont ensuite été développés par monsieur Frederic Bourinet, réfèrent Violences à la fédération de parachutisme et ancien référent Violences et Radicalisation à la SDJES 05. Ces procédures de signalement sont le fer de lance de la lutte contre les violences dans le sport à l’échelle nationale et concernent toutes les instances du Mouvement Sportif, aux services de l’état. Monsieur Bourinet nous rappelle aussi, qu’il est de notre responsabilité de signaler une violence ou toute suspicion de violence quelle qu’elle soit.
Les interactions et l’intérêt du public pour ce sujet délicat ont mené à des échanges de qualité qui ont su mettre en lumière plusieurs problématiques qui apparaissent également dans le film, comme la notion de performance toujours importante, le profil type des agresseurs et le rôle de la famille et de l’entourage. Des heures de débat auraient été nécessaires pour aborder tous les aspects de cette lutte contre les violences propres au monde du sport.
La cellule Signal Sport, créée en décembre 2019 en réponse aux courageux témoignages de victimes de violences dans le sport par le Ministère des Sport, coordonne les procédures administratives directement menées par les services départementaux du ministère afin d’écarter les personnes mises en cause pour des faits graves de violence commis par des personnes dans le milieu sportif. En 2024, c’est 392 signalements qui ont été rendus, et parmi ceux-là, 66% sont des cas de violence à caractère sexuel.
Le CDOS des Hautes Alpes veut se positionner au cœur de cette lutte qui est une préoccupation majeure du Mouvement Sportif Territorial. L’organisation de cette soirée entre dans un cadre de lutte contre les violences dans le sport par la sensibilisation du grand public. Cette politique, menée par le CROS au niveau régional, s’illustre par différentes actions. Un manifeste a notamment été rédigé afin d’identifier les référents éthiques des comités départementaux. Dans les Hautes-Alpes, depuis 2022, on compte 19 signataires du Manifeste d’engagement de LUTTE CONTRE LES VIOLENCES DANS LE SPORT dont le comité 05 de tennis.
Vous êtes victime ou témoin d’une violence dans le sport ?
Alertez par e-mail : signal-sport@sports.gouv.fr
S’interroger, c’est agir. Écouter et signaler, c’est réagir et mettre fin.